Montpellier - G. Deloncle : « Je suis candidate à la présidence »

10:17 Elections consulaires

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Chef d’entreprise depuis plus de trente ans, elle est également présidente de la CGPME de l’Hérault

ENTRETIEN

Vous annoncez votre candidature officielle à la présidence de la CCI (1), qu’est-ce qui motive cette décision ?
Depuis trente ans, la chambre consulaire offre le même scénario : celui d’un groupe de personnes avides de pouvoir qui s’entre-tuent régulièrement. C’est détestable et désolant pour l’image du secteur économique local. Les coups bas et les trahisons doivent cesser, nous sommes en pleine crise économique et notre énergie doit servir à aider les professionnels qui en ont besoin plutôt que de se faire briller avec les uns et les autres comme c’est le cas actuellement.

Les turbulences au sein de la CCI existent depuis de longues années. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour partir au combat ?
Tout d’abord parce qu’avec l’expérience, je me sens prête. Ensuite, au niveau national, la CGPME (2) souhaite que l’on s’implique dans la gestion départementale. Et pour finir, jusqu’alors j’avais un accord avec André Deljarry, du Medef et je respecte mes engagements.

Cet accord ne vaut plus ?
André Deljarry m’a dit, il y a quelques jours, qu’il rompait l’accord et que chacun était libre de faire ce qu’il voulait. J’ai donc décidé d’y aller.

Quelles sont les grandes lignes de votre projet ?
On veut faire fonctionner une chambre de commerce qui mène des actions et qui existe réellement dans le paysage économique de la région. Notre slogan est : action, morale et économie. On veut mettre en place des choses simples et efficaces. Pas de paillettes ! Les adhérents attendent que la présidente travaille avec, autour d’elle, une équipe performante et surtout en collaboration étroite avec le personnel de la chambre.

Quel est le nom de votre liste et qui compose l’équipe ?
Le nom de la liste est La CCI autrement. Quant à l’équipe, elle est composée pour l’essentiel de membres de la CGPME - qui aujourd’hui compte plus de 500 adhérents dans l’Hérault - de chefs d’entreprise et de représentants syndicaux de branches.

Des noms ?
Je les donnerai plus tard, quand on aura déposé la liste mi-octobre.

La tension est déjà perceptible dans les différents groupes, ce qui annonce une campagne sans complaisance ; vous vous y préparez ?
Bien entendu. Depuis vingt ans, je suis rompue à ce type d’exercice. Ceci étant, à la CGPME, on a signé une charte de déontologie. Ceux qui dépasseront les bornes le feront tout seuls. Nous ne répondrons pas aux invectives personnelles.

Quel regard portez-vous sur le bilan du président Iovino ?
Il est assez triste et embrouillé mais je ne lui mets pas tout sur le dos. Je crois qu’il n’a pas été en capacité de faire ce qu’il voulait. Puis je trouve qu’en cette période de crise, il a été plutôt absent du terrain.

Ne craignez-vous pas d’être taxée de candidate frêchiste ?
Je n’ai pas de carte politique et mes actions ont toujours été pour faire entendre le monde économique. Il est vrai, cependant, qu’en tant qu’élue je travaille depuis des années avec Georges Frêche. Je le connais bien, on se respecte ; et je sais surtout comment il fonctionne. C’est important. Il faut arrêter de faire de la chambre un contre-pouvoir politique. L’économie, aujourd’hui, a besoin des collectivités territoriales, celui qui ne l’intègre pas, n’a rien compris.

Être présidente nécessite d’être moins présente dans son entreprise…
Je le sais et je l’intègre. Aujourd’hui, il y a ma fille à la tête de l’entreprise familiale. Elle a largement les capacités à gérer les affaires. Toutefois, je ne serais pas partie en campagne si j’avais su que cela mette en péril l’avenir de notre entreprise. Je considère qu’on ne peut pas s’engager dans une bataille comme celle-là, si son entreprise se porte mal.

Etre une femme, est-il un atout dans cette campagne ?
Sincèrement, je ne le sais pas car c’est un milieu très machiste. Mais je pense que les gens auront tout de même l’intelligence d’aller au-delà des apparences. Et puis, il n’y a jamais eu de femme présidente de CCI à Montpellier, ce sera une première !

Avec la réforme, les CCI régionales vont avoir plus de pouvoir à l’avenir. Visez-vous, là aussi, une présidence ?
Chaque chose en son temps. Il faut d’abord gravir les échelons, restructurer la CCI et mettre en place une équipe qui pourra faire un travail sur le long terme. Ça changera de ces dernières années !

Recueilli par Gil LORFÈVRE

(1) - Les élections sont prévues le 8 décembre 2010. (2)- Confédération générale des petites et moyennes entreprises.

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