La CCI de Lyon invitée à plus de rigueur dans son fonctionnement

7:47 Polémique

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La chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes pointe des lacunes dans la prévention des conflits d’intérêt entre l’institution consulaire et ses membres élus ou encore des missions sans valeur ajoutées sous-traitées à l’extérieur. Elle s’interroge sur le bien fondé d’accumuler durablement de la trésorerie pour un établissement dont la principale ressource est assimilable à l’impôt.

En plein débat sur la réforme des chambres de commerce et d’industrie (CCI), le rapport de la Chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes relatif à la chambre consulaire lyonnaise sur la période 2005 et suivante était attendu. «Les Echos» se sont procurés le document dans lequel les magistrats y pointent des lacunes dans le «dispositif de prévention des conflits d’intérêt» entre l’institution et ses membres élus ou associés. Ils estiment ainsi que «l’absence d’obligation de dépôt de déclaration d’intérêt pour tous les membres (..) qui ont interdiction de contracter (avec la CCI) ne permet pas à la compagnie de s’assurer (…) du respect des dispositions du règlement intérieur en la matière».

Le président actuel, Guy Mathiolon, répond que dans la prochaine mandature il sera fait en sorte que la commission ad-hoc se réunisse au moins une fois pas an. Sont également épinglés divers recours à un consultant extérieur «pour faire rédiger des notes à caractère très général sur des sujets d’actualité courante» que la CCI «aurait pu faire réaliser par ses services». Le montant des prestations portent sur 46.400 euros entre 2007 et 2008. A l’heure de la parité, sont épinglés les écarts de salaire entre les hommes et les femmes qui, au sein d’une même catégorie peut présenter une différence brute mensuelle de 456 euros au profit des premiers. A ce propos le président Mathiolon précise que sur les trois dernières années, la CCI veille à «pratiquer une parfaite égalité des rémunérations entre les sexes à l’embauche à qualification et expérience identique».

Des remarques sur la gouvernance d’Eurexpo

Plus anecdotique : «tous les membres masculins de l’équipe de direction disposent d’un véhicule de fonction» contrairement aux trois directrices (ressources humaines, communication et musée). Dans le collimateur également le coût du licenciement du précédent DG (mi-2009) ayant, entre autres, reçu une prime exceptionnelle de 30.000 euros.

La gouvernance d’Eurexpo (palais des expositions) fait aussi l’objet de remarques. La CCI est invitée à clarifier sa présence simultanée dans le Cofil (association propriétaire du site) dont elle assure la présidence et dans la Sepel, la société d’exploitation qu’elle contrôle à 52,7% aux côtés du groupe privé GL Events. Et au bénéfice de laquelle le bail est reconduit de façon continue et, jusqu’à présent, sans mise en concurrence depuis les années 1980.

Saluant un bilan financier qui s’est assaini depuis que l’aéroport de Lyon est sorti du périmètre de consolidation de la CCI fin 2006 (1), les rapporteurs s’interrogent néanmoins sur le bien fondé d’accumuler de la trésorerie (10,5 millions d’euros fin 2008), fut-elle judicieusement placée, pour un établissement public « dont la principale ressource d’exploitation est assimilable à un impôt ».

(1) L’aéroport est aujourd’hui géré par une société dont la CCI est actionnaire minoritaire à 25 %.

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